Slides Christian Walter

Intervenant

M. WALTER Christian

Fondation de la Maison des Sciences de l'Homme

Biographie

Christian Walter, actuaire agrégé, présentait le projet de la chaire « Ethique et Finance », ouverte en octobre 2013 au Collège d’études mondiales de la Fondation de la Maison des sciences de l’homme (FMSH). Christian WALTER est actuaire agrégé de l’Institut des actuaires, docteur en sciences économiques, habilité à diriger les recherches en sciences de gestion et qualifié professeur par le Conseil national des universités. Il a une expérience professionnelle de vingt cinq ans dans la gestion d’actifs et le contrôle des risques au sein de différents établissements financiers. Il est titulaire de la chaire « Ethique et Finance » du Collèges d’études mondiales de la fondation Maison des sciences de l’homme. Ses travaux portent sur la modélisation financière, sur l’histoire et l’épistémologie de la théorie de la finance et sur l’éthique de la finance.

Mise à jour le 18/01/2016

Événement

La réglementation est-elle écologique ? L’exemple de la directive Solvabilité II avec Christian Walter, Professeur des universités, Titulaire de la chaire « Éthique et Finance » du Collège d’études mondiales de la Fondation Maison des Sciences de l’H

Présentation

Evénement en présentiel

Intervenant : Christian Walter, Professeur des universités, Titulaire de la chaire « Éthique et Finance » du Collège d’études mondiales de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme

Dans son rapport remis en 2018, le groupe d’experts de haut niveau (HLEG) mis en place par la Commission européenne avait demandé que l’on réfléchisse à « la manière dont Solvabilité II pourrait être adaptée pour faciliter davantage les investissements à long terme tout en maintenant une forte nature basée sur le risque ». Dans le cadre de la révision de la directive Solvabilité II, il semble intéressant d’attirer l’attention sur le point suivant : l’apparition d’un court-termisme peut être créé par des règles mal conçues qui prennent à rebours l’objectif de durabilité. Il apparaît que, dans le cas de Solvabilité II, l’évaluation au prix de marché des actifs et des passifs, qui représente le fondement conceptuel des techniques imposées par cette directive, peut produire du court-termisme en raison du « principe de continuité » sur lequel reposent ces techniques. Ce principe a été résumé par Leibniz dans sa célèbre phrase « Natura non facit saltus » (« la nature ne fait pas de sauts »).   

Le problème vient de ce que le principe de continuité transporte une représentation des risques qui empêche la finance de s’accrocher sur les contraintes environnementales, partout discontinues. L’absence de discontinuités dans les modèles de risque usuels les détache de l’écologie, ce qui est une des causes des crises à répétition que connaît le secteur financier depuis le krach de 1987 jusqu’à la crise de 2008. Les modélisations des risques qui reposent sur le principe de continuité ne sont pas « durables » de ce point de vue.

Dans la mesure où la directive Solvabilité II repose sur le principe de continuité, on doit poser la question de la compatibilité de l’état actuel de cette directive avec les objectifs de durabilité du plan européen 2030. Voire même la question : Solvabilité II est-elle anti-écologique ?


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