LA REF 142 - L'avenir de l'intermédiation financière

23/07/2021 | AEFR

AVANT-PROPOS

Depuis la crise de 2008, l’intermédiation financière est en question. Les taux d’intérêt bas, la répétition de crises systémiques majeures et les effets contradictoires des normes prudentielles qui laissent en pratique prospérer le shadow banking sontautant d’hypothèques sur la stabilité du système financier international que la crise de la Covid-19 vient aggraver.Depuis longtemps déjà, le modèle de la banque universelle et d’une intermédiation centrée sur les grandes banques a vécu et est en train d’évoluer vers des modèles plus décentralisés, et ces transformations parfois brutales ne sont pas sans risques et demandent aux régulateurs de maintenir la confiance, tout en encourageant l’innovation. Par ailleurs, des perspectives systémiques plus sombres comme un retour possible de l’inflation incitent à la prudence.

Face à ces évolutions, une première attitude est celle d’un scepticisme sur les capacités du système financier à se réformer, sans crise majeure. La fin du « capitalisme mondial libéralisé » oblige à changer tous les modèles de gestion et va durablement affecter la politique monétaire ou la politique des banques centrales, dans un contexte d’interventions de plus en plus fortes et répétitives des États, et face à la fréquence des crises systémiques. Une autre attitude consiste à mettre l’accent sur les innovations financières et leurs capacités à régénérer, en quelque sorte, le système de l’intérieur. Ce numéro de la Revue d’économie financière alterne ces deux points de vue et passe en revue les situations des différents acteurs de l’intermédiation financière.

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